
Alors, comment fait-on aujourd’hui en Provence pour engloutir 13 desserts après avoir déjà avalé du foie gras, des huîtres, de la dinde, et surtout une bûche XXL ? Eh bien, spoiler alert : on triche. 😎
En vrai, la plupart des gens posent sur la table des mini-portions dans des coffrets trop mignons et compartimentés. Parce que oui, après un festin pareil, on n’a plus de place que pour des miettes symboliques.
Les 13 desserts : Hier vs Aujourd’hui
Autrefois, les 13 desserts étaient les stars de la soirée. Pourquoi ? D’abord, parce que le repas du réveillon en Provence était "maigre" (oui, on parlait de soupe et de légumes – on est loin des festins d’aujourd’hui). Ensuite, parce qu’on avait trois jours pour les dévorer. Ça aide.Et pourquoi 13 desserts, alors que le chiffre fait peur aux superstitieux ? Eh bien, pas ici ! 13 comme Jésus et ses 12 apôtres lors du dernier repas – rien que ça.
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Composition et cérémonie
Pendant mes fouilles dignes d’un détective pâtissier, j’ai découvert qu’il existe autant de versions des 13 desserts qu’il y a de cigales en Provence. Mais 8 d’entre eux se retrouvent partout :- 4 mendiants (amandes, noisettes, figues et raisins secs) rappellent, par leur couleur, les habits des ordres mendiants, et par leur nature humble, la pauvreté volontaire et la simplicité de leur condition..
- 2 nougats, blanc et noir, rappellent les robes des Pénitents, ces confréries de laïcs vivant une spiritualité proche de celle des moines.
- les dattes, offertes aux Rois mages, établissent une analogie entre l’origine orientale du fruit et celle des mages venus d’Orient.
- le pain brioché présent en Provence sous l’une de ses deux formes rituelles pompe à huile ou gibassier.
Le reste se répartit entre 4 friandises sucrées ou fruits frais, selon le choix. À Aix, le calisson, roi des douceurs, y tient naturellement sa place.
Le 13e dessert (Pompe à Huile ou Gibassier) ouvre la cérémonie. Et là, place au rituel : le doyen et le benjamin de la famille démarrent la dégustation. Et attention, il faut tout goûter pour attirer la chance et le bonheur ! Il rend hommage au pain rompu par Jésus lors de la Cène.
Petit bonus mystique : avant de croquer le dernier dessert (généralement un fruit), on fait un vœu secret pour l’année à venir.






