
C'est aussi l'origine de la fameuse navette. Pour en comprendre, il faut remonter à Marseille, sa ville de naissance, aux alentours de l’an mil. 😎
À cette époque, l’abbaye Saint-Victor de Marseille exerce un rayonnement spirituel considérable dans tout le sud de la France. Elle attire pèlerins, marins et fidèles venus de Provence et d’au-delà. Au cœur de cette dévotion se trouve une statue de Vierge noire en bois de noyer, objet d’un culte très ancien. Selon une légende médiévale, elle aurait été taillée par saint Luc lui-même, ce qui contribue à renforcer sa vénération populaire.
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Notre-Dame-de-Fenouil
Dans la tradition populaire, la Vierge était autrefois appelée Notre-Dame-de-Fenouil. Ce nom pourrait provenir soit d’une déformation orale de "feu nouveau", soit de l’usage ancien des tiges de fenouil, utilisées pour transporter des braises et rallumer le feu. Dans les deux cas, le symbole est clair : le feu, la lumière, la renaissance. Marie est alors perçue comme celle qui porte la lumière au cœur de l’obscurité - une image empruntée au paganisme profondément liée à la saison hivernale.La Chandeleur, fête de la Vierge
La fête du 2 février, appelée Chandeleur, commémore la présentation de Jésus au Temple. Le vieillard Siméon y prononce ces paroles : « Il est la lumière pour éclairer les nations. ». De cette proclamation découle tout le symbolisme des chandelles allumées, à l’origine même du nom de la fête.Mais la Chandeleur est aussi une fête mariale. Elle rappelle l’accomplissement par Marie d’une prescription de la loi de Moïse : quarante jours après l’accouchement, toute femme devait se rendre au Temple pour recevoir la bénédiction de purification, appelée autrefois les relevailles.
Le pèlerinage marial de Marseille
Le 2 février devient ainsi une grande fête dédiée à la Vierge. À Marseille, c’est naturellement la Vierge noire de l’abbaye Saint-Victor qui en est le centre. À partir du Moyen Âge, elle reçoit son nom liturgique de Notre-Dame de la Confession, en référence à la crypte où elle est vénérée, près des tombeaux des martyrs. Chaque année, des fidèles affluent de toute la Provence pour participer au pèlerinage.Les pains des pèlerins
Pour nourrir ces milliers de pèlerins de passage, on façonne alors de petits pains simples, sans recette fixe, destinés à être consommés ou emportés sur le chemin du retour. Ces pains ne sont pas encore des navettes : ils sont avant tout des pains de pèlerinage.La naissance de la navette
En 1781, un boulanger installé sur le parcours du pèlerinage - le four Aveyrous - donne à ce pain une forme particulière : celle d’une barque, ou navette. Ce choix fait naturellement écho à la vocation maritime de Marseille, mais aussi à l’imaginaire provençal de la mer. Le boulanger s’inspire également, avec habileté, de la légende de la barque des Saintes Maries, très vivante en Camargue voisine.L’association s’impose peu à peu dans les esprits. La navette devient alors indissociable du pèlerinage de la Chandeleur.
La fête de Notre-Dame de Février
À Marseille, la Chandeleur est encore appelée fête de Notre-Dame de Février. Ce jour-là, les fidèles quittent le port et les quartiers bas de la ville pour monter en procession vers l’abbaye Saint-Victor.Ils portent des chandelles, bénies à l’abbaye puis rapportées dans les foyers comme signe de protection pour l’année, principe de la Chandeleur comme partout en France. Mais la particularité est la couleur verte des chandelles. Cette couleur verte, unique en France, rappelle le manteau vert de la Vierge noire marseillaise, symbole d’espérance et de vie renaissante.
Au passage de la statue, de nombreux fidèles tentent encore d’effleurer le manteau, geste ancien de confiance et de demande de grâce.
À cette occasion, les pèlerins achètent également des navettes, parfois destinées à être bénies, partagées ou conservées dans la maison.
Greg - 1 fevrier 2026






