
La poire Sarteau, un petit trésor de Haute-Provence 😎
🍐 Octobre, c’est la saison de la Sarteau
En Provence, l’automne ne se résume pas aux couleurs des collines et aux premières fraîcheurs. C’est aussi la saison où certains produits de notre terroir retrouvent leur place sur les étals. Parmi eux, une variété ancienne mérite largement d’être redécouverte : la Poire Sarteau Blanche.
Sa récolte intervient à l’automne, et cette petite poire possède une histoire intimement liée aux montagnes des Alpes-de-Haute-Provence.
Longtemps destinée à la consommation familiale, elle est aujourd’hui devenue l’un des produits emblématiques de la Haute-Bléone.
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🌿 Une vieille poire de Haute-Bléone
La Sarteau est une variété ancienne et locale, traditionnellement cultivée dans la haute vallée de la Bléone, notamment autour de La Javie, Beaujeu, Prads et Draix/Archail. Elle existe sous deux formes principales, la Sarteau blanche et la Sarteau rouge.
Les vieux poiriers font encore partie du paysage de ces vallées de montagne. À Draix, ils poussent notamment autour des prairies et des vergers pâturés, au pied du massif du Cheval Blanc.
Ici, la poire n’est donc pas arrivée par hasard. Elle appartient depuis longtemps à l’histoire agricole et familiale de ce territoire.
🏔️ Pourquoi la Sarteau s’est-elle si bien adaptée à la Haute-Bléone ?
Le secret tient en partie au terroir de montagne. La Sarteau est une poire tardive qui apprécie particulièrement les conditions offertes par les Alpes-de-Haute-Provence : altitude, soleil et variations de température entre le jour et la nuit.
À Draix, les vergers se situent autour de 900 mètres d’altitude. Cette altitude joue un rôle essentiel dans la qualité du fruit : elle contribue à lui donner une chair particulièrement ferme.
Et cette fermeté va devenir sa grande particularité.
🍐 Une poire qui ne se mange pas comme les autres
La Sarteau n’est pas vraiment une poire que l’on choisit pour la croquer bien juteuse à pleine maturité. Sa chair ferme et peu fondante crue prennent tout leur intérêt à la cuisson.
Tarte, confiture, sirop, dessert… La Sarteau était autrefois utilisée de nombreuses façons dans les familles de Haute-Bléone.
Mais c’est surtout sa capacité à résister au processus de confisage qui va faire sa réputation. Produite en altitude, elle conserve suffisamment de fermeté pour supporter les différentes étapes de fabrication d'une poire confite entière.
C’est ainsi qu’une simple poire de montagne est devenue une spécialité recherchée par les confiseurs provençaux.
🍬 De la table familiale aux confiseries provençales
Pendant longtemps, la Sarteau faisait simplement partie de la vie quotidienne des habitants de ces vallées. On la mangeait fraîche, cuite au four, en confiture ou au sirop. Les fruits moins beaux pouvaient même être destinés à la distillation.
Puis les confiseurs ont découvert ses qualités. À partir des années 1940, la demande va progressivement changer le destin de cette petite poire de montagne.
À Draix, la famille Pélestor joue notamment un rôle important dans cette histoire. En 1945, sa production commence à être commercialisée auprès d’une confiserie niçoise. La Sarteau entre alors dans un nouvel univers : celui de la confiserie provençale.
🍐 Pourquoi s’appelle-t-elle « Sarteau » ?
Le nom de la variété est lui-même ancien. On retrouve d’ailleurs plusieurs formes dans les sources et la littérature consacrées aux anciennes variétés de poires, notamment Sarteau et Certeau. La variété est également associée au poirier appelé autrefois « Sartelier ».
Quant à l’origine exacte du nom « Sarteau », elle reste difficile à établir avec certitude. Plusieurs interprétations étymologiques ont été avancées au fil du temps.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que ce nom accompagne depuis longtemps cette vieille variété alpine et qu’il est aujourd’hui devenu indissociable de la Haute-Bléone et du terroir de Digne.
🌳 Une variété qui a failli tomber dans l’oubli
Comme beaucoup de variétés anciennes, la Sarteau a connu une période de déclin. Les poiriers ont été progressivement délaissés au profit de variétés plus modernes et mieux adaptées aux circuits commerciaux.
Mais quelques producteurs ont continué à préserver les arbres et les savoir-faire. Ce travail de sauvegarde permet aujourd’hui à la Sarteau de retrouver une place dans le patrimoine agricole et gastronomique local.
À Draix notamment, la production et la transformation de la Sarteau se poursuivent, avec notamment la fabrication de poires confites et de jus.
❤️ Une vraie histoire de terroir provençal
On parle souvent du patrimoine provençal en pensant aux villages perchés, aux vieilles pierres, aux oliviers, à la lavande ou aux paysages baignés de soleil.
Mais le patrimoine d’un territoire, c’est aussi ce que l’on cultive, ce que l’on cuisine et ce que l’on transmet.
La Poire Sarteau en est un bel exemple. Elle raconte une autre Provence : une Provence de montagne, de vallées, de vergers, de troupeaux et de savoir-faire familiaux.
Une petite poire qui a trouvé dans la Haute-Bléone son territoire de prédilection et qui, après avoir failli disparaître, continue aujourd’hui à faire vivre un morceau de notre patrimoine.
🍐 La Sarteau, c’est finalement la Haute-Provence dans une poire : un fruit simple, ancien et profondément attaché à sa terre.
Greg - 6 octobre 2026



