
On surnomme Aix-en-Provence la “cité du roi René”. Son nom est partout : commerces, boulevard, et surtout sa statue qui domine le Cours Mirabeau, nos Champs-Élysées à nous. Mais pourquoi ce prince du XVe siècle est-il devenu l’âme de la ville ? 😎
Pourquoi René est-il si lié à Aix ?
Parce que René d’Anjou a fait d’Aix la capitale réelle de la Provence. Avant lui, les comtes de Provence préféraient : Naples, leur royaume italien, ou des résidences secondaires fortifiées comme Peyrolles, Ventabren, Lambesc. René, lui, installe sa cour à Aix, qui devient le centre politique, administratif et culturel de la Provence.Il y attire artistes et lettrés. Amateur éclairé et poète à ses heures, il agit en mécène : le peintre Nicolas Froment, le sculpteur Francesco Laurana, le musicien Josquin des Prés, et bien d’autres travaillent sous sa protection. Aix devient une ville de cour, de culture et de prestige.
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Pourquoi l’appelle-t-on “roi” ?
René n’est pas seulement comte de Provence. Il est l’un des princes les plus titrés de l’Europe du XVe siècle.La maison d’Anjou, à laquelle il appartient, est alors l’une des plus puissantes dynasties chrétiennes. Elle a même, un temps, rêvé de reprendre Constantinople aux Byzantins : Aix aurait pu devenir la capitale d’un empire méditerranéen…
Ses principaux titres. René est :
- prince du sang royal de France (beau-frère du roi Charles VII)
- duc d’Anjou
- duc de Bar
- duc de Lorraine (par mariage, titre disputé)
- comte de Provence et de Forcalquier
Et surtout, roi “en titre” de plusieurs royaumes :
- roi de Naples (effectif un temps, puis perdu)
- roi de Sicile
- roi de Jérusalem
- roi de Hongrie
Il porte aussi les titres symboliques de :
- duc d’Athènes
- prince d’Achaïe
Sans oublier que sa famille revendiquait autrefois la puissance couronne d’Aragon : sa mère, Yolande d’Aragon, avait prétendu au trône pour ses fils.
Pourquoi l’appelle-t-on le “Bon Roi René” ?
La légende du « bon roi René » 6 prince simple, amoureux de ses roses et proche de son peuple — naît surtout lors de son séjour final en Provence. Et elle n’est pas sans fondement. René comprend une chose essentielle : « Tant que le peuple est plus riche, le trésor royal est plus grand. »Il favorise donc la prospérité :
- traités de commerce avec Gênes,
- accords avec Tunis et Bône pour le commerce avec l’Afrique du Nord,
- traité avec le Piémont (un tunnel sous le mont Viso est même commencé),
- développement de Marseille avec deux foires annuelles et des sauf-conduits pour les marchands,
- encouragement de l’agriculture et de l’élevage (on lui attribue même l’introduction du raisin muscat en Provence).
L’envers du décor
René est aussi un prince dépensier. Il vit entre ses châteaux, entretient une cour nombreuse, multiplie les fêtes, les artistes, les offices…Son gouvernement est souvent désordonné, parfois inefficace, et ses finances fragiles. C’est un roi plus rêveur que gestionnaire.Un prince de guerre et d’illusions
René commence sa carrière comme combattant :- il lutte contre les Bourguignons pour le compte du roi de France,
- il est capturé en Lorraine, c’est dans son entourage que Jeanne d’Arc trouve des soutiens pour sa mission.
Libéré, René se lance dans son grand rêve : reprendre le royaume de Naples. Il y entre en 1438, remporte quelques succès, mais est finalement chassé en 1442 par le roi d’Aragon. Il ne renoncera jamais à ce mirage et lancera encore :
- une campagne en Lombardie (1453),
- à Naples (1459–1464),
en Catalogne (1467),
toutes aussi coûteuses qu’infructueuses.
Pendant ce temps, il combat aussi les Anglais aux côtés de Charles VII et participe à la reconquête française.
Le roi d’Aix
À la fin de sa vie, René revient en Provence. C’est là, à Aix, qu’il meurt en 1480. Il laisse derrière lui une Provence enrichie, une capitale brillante, et une légende : celle d’un roi à la fois fastueux et proche du peuple, poète, mécène et rêveur.Voilà pourquoi, cinq siècles plus tard, Aix reste la cité du Roi René.
Greg - 10 jan 2026






