
Quand la tradition annonçait le changement de temps 😎
Quand le vieux dicton reprend vie
Aujourd’hui, le vieux dicton provençal prend une étonnante résonance…Hier, c’était la fête de la Nativité de la Vierge, que l’on appelait autrefois Notre-Dame de Septembre — Nosto-Damo de Setèmbre. Dans la Provence d’autrefois, cette date n’était pas qu’une fête religieuse. Elle marquait aussi un changement dans le temps qui passe : l’été commençait à céder sa place et l’on guettait les premières pluies.
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On disait alors :
« A Nosto-Damo de Setembre, plòu sovent. »
À Notre-Dame de Septembre, il pleut souvent.
Et cette année, le dicton semble avoir retrouvé sa voix… avec seulement un jour de retard.
Six mois sombres
Mais voici une histoire plus étonnante encore.Pour les anciens, le 8 septembre ouvrait une période de six mois, qui devait s’achever le 25 mars avec une autre grande fête consacrée à la Vierge : l’Annonciation, Notre-Dame de Mars.
Six mois durant lesquels la lumière allait peu à peu manquer. Le 8 septembre annonçait donc aussi le retour des lampes dans les maisons.
Dans cette Provence rurale où les journées de travail étaient longues, il fallait continuer à travailler lorsque le soleil disparaissait. Dans les ateliers comme dans les maisons, la lampe prolongeait la journée. Les jours raccourcissaient et, avec eux, revenait le temps du calèu.
On disait :
« Au mes de Setembre, lou calèu es à pèndre. »
Au mois de septembre, la lampe est à suspendre.
Le calèu, cette ancienne lampe à huile, retrouvait alors sa place, suspendu dans la maison.
Et puis venait le printemps…
Pendant six mois, les nuits allaient gagner du terrain. Puis, doucement, la lumière reviendrait.Le 25 mars, jour de l’Annonciation, Nosto-Damo de Mars, marquait symboliquement le mouvement inverse.
En septembre, on rallumait les lampes.
En mars, on pouvait enfin les éteindre.
Deux fêtes de la Vierge, deux portes ouvertes sur les saisons…
Et dans cette ancienne Provence où l’on vivait au rythme du soleil, le calendrier, la lumière et les changements du temps racontaient ensemble le passage de l’année.
Aujourd’hui, après trois mois de chaleur, il suffit d’un ciel couvert et d’un peu de fraîcheur pour que, l’espace d’une journée, la vieille Provence semble nous murmurer ses histoires.
Greg - 9 septembre 2026



