Débarquement de Provence : des parachutistes au char Jeanne d’Arc

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Libération de la Provence

Du ciel du Var aux rues de Marseille, voici le Débarquement de Provence raconté à travers deux épisodes séparés de dix jours : la nuit des parachutistes du 14 août 1944, puis le combat du char Jeanne d'Arc au pied de Notre-Dame-de-la-Garde. 😎
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14 août 1944 : la Provence écoute Radio Londres

Le 14 août au soir, la Provence ne sait pas encore précisément ce qui se prépare. Dans les maisons, derrière les volets clos, certains résistants attendent un signal. À 19 h 15, Radio Londres diffuse plusieurs messages personnels codés : « Nancy a le torticolis », « Gaby va se coucher dans l'herbe », « Le chasseur est affamé ». Pour ceux qui connaissent les codes, ces phrases étranges annoncent que l'heure approche.

Pendant ce temps, des centaines d'avions se dirigent vers le Var. Vers 4 heures du matin, plus de 5 000 parachutistes de la Rugby Force sont largués dans la vallée de l'Argens, autour du Muy et de La Motte. Dans l'obscurité, les hommes se dispersent parfois loin de leurs zones prévues. Ils doivent retrouver leurs camarades, rejoindre leurs objectifs et, avec l'aide de la Résistance, verrouiller les routes et les accès qui pourraient permettre aux forces allemandes de réagir.
Débarquement de Provence
Cette nuit rappelle évidemment les images du Débarquement de Normandie. Mais deux mois plus tard, la même guerre se joue dans un autre décor : celui des collines, des villages et des routes de Provence. Avant même que les premières vagues d'assaut n'atteignent les plages au matin du 15 août, la guerre est déjà tombée du ciel.

25 août : à Marseille, un char au pied de la Bonne Mère

Dix jours plus tard, l'Histoire nous conduit à Marseille. Les troupes françaises remontées du Var ont progressé vers les grands ports méditerranéens. Les combats pour Marseille ont commencé et les soldats français doivent maintenant réduire les dernières positions allemandes. Parmi eux se trouvent notamment des tirailleurs algériens et des goumiers marocains, appuyés par les chars du 2e Régiment de Cuirassiers.
Débarquement de Provence
Le matin du 25 août 1944, les Sherman s'engagent dans les rues qui montent vers Notre-Dame-de-la-Garde. La colline est encore tenue par les Allemands et constitue un point stratégique majeur. Le Jeanne d'Arc avance en tête. Dans les rues étroites et pentues, les blindés progressent difficilement sous le feu ennemi. Puis, au cours de l'assaut, le char est frappé. Le tir tue trois de ses cinq occupants. Le maréchal des logis André Keck, le brigadier Roger Guillot et le cuirassier Maurice Clément ne sortiront pas vivants du combat. Le pilote, Antoine Riquelme, est blessé, tandis que Georges Latour survit.

Une découverte presque cachée au cœur de Marseille

Et c'est là que mon histoire personnelle commence. En me promenant à Marseille, je suis tombé sur ce char. Pas dans un grand musée militaire, pas derrière les grilles d'un monument monumental, mais simplement installé place du Colonel Edon, au pied de Notre-Dame-de-la-Garde. Un Sherman posé là, au milieu de la ville, que l'on pourrait presque prendre pour un simple vestige militaire. Pourtant, son histoire est intimement liée à l'un des épisodes les plus importants de la Libération de Marseille.
Débarquement de Provence
C'est précisément ce qui m'a frappé : on peut passer devant ce char sans imaginer ce qu'il représente. Il est aujourd'hui silencieux, immobile, entouré par la vie quotidienne marseillaise. Mais le 25 août 1944, il avançait dans ces mêmes rues alors que les combats faisaient rage autour de la Bonne Mère. Derrière son blindage, cinq hommes étaient engagés dans une bataille dont trois ne reviendraient pas.
Débarquement de Provence
Restauré après la guerre et conservé comme monument commémoratif, le Jeanne d'Arc est devenu l'un des vestiges de la Libération de Marseille. Il constitue une sorte de petit morceau d'Histoire posé dans le paysage urbain, facilement accessible mais étonnamment discret.

Du ciel du Var aux rues de Marseille

C'est finalement cela que raconte ce Débarquement de Provence : une histoire qui ne s'arrête pas aux plages du Var. Elle commence dans la nuit, avec les messages de Radio Londres et les parachutistes descendant au-dessus de l'Argens. Elle se poursuit sur les routes de Provence, puis dans les rues de Toulon et de Marseille, jusqu'à cette journée du 25 août où le Jeanne d'Arc tombe au pied de Notre-Dame-de-la-Garde.

Deux épisodes, dix jours d'écart, mais une même histoire : celle de la Provence qui se libère.
Débarquement de Provence
Et peut-être faut-il parfois regarder autrement les lieux que l'on croit connaître. Car à Marseille, sous le soleil et le va-et-vient des passants, un vieux char Sherman continue de raconter, à sa manière, une histoire que beaucoup ignorent encore.

Il suffit parfois de se promener, de lever les yeux… ou simplement de s'arrêter devant un monument que l'on avait toujours ignoré. 🇫🇷
Greg - 24 juillet 2026

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